Il y a des rencontres qui comptent sans faire de bruit. Joachim Olender est de celles-là.

J’ai découvert son cinéma avec La Collection qui n’existait pas , autour de la collection d’Herman Daled.

Un cinéma déjà très attentif à la manière de filmer les choses, aux silences, aux détours, à ce qui se transmet sans s’exposer frontalement.

Avec L’Académie des secrets, il ne s’agit ni d’un récit historique ni d’une chronologie.

Le film revient sur un temps de création partagé, autour de l’écrivain et critique d’art Jean-Louis Schefer, et sur ce que peut être une communauté de pensée.

Un espace fait de conversations, d’amitiés intellectuelles, de circulation d’idées abordé de manière poétique et réflexive, ouverte au spectateur.

Quand je l’ai rencontré, j’ai retrouvé exactement cette impression.

Un homme qui explique, avec clarté et générosité, mais qui écoute tout autant.

Un homme profondément passionné par ce qu’il fait, et dont la parole ne cherche jamais à s’imposer.

Dans ses films comme dans la rencontre, on se sent invité, mais aussi tenu à distance.

Rien n’est donné immédiatement.

Il y a un pas de côté, une retenue. Et puis cette dimension très poétique, presque fragile incarnée aussi par la présence du chien, figure discrète, sensible, qui traverse le film comme un contrepoint silencieux.

Un cinéma esthétisant au sens noble : attentif aux formes, aux rythmes, à la façon dont une image peut penser sans expliquer.

Un film qui ne se referme pas.

Un film à aller voir.